Pénuries : près d’une entreprise sur deux va relocaliser des achats en 2022, selon une étude.

13 janvier 2022 0 Commentaires

Face aux pénuries, près d’une entreprise sur deux (47%) va relocaliser en 2022 une partie de ses approvisionnements, principalement vers l’Europe et la France, selon une étude publiée mardi par le cabinet Agile-Buyer et le Conseil national des achats.

Les problèmes d’approvisionnement vont concerner 68% des sociétés en 2022, selon cette enquête réalisée auprès de 893 directeurs des achats entre le 16 novembre et le 2 décembre 2021.

Et pour 65% d’entre eux, ces difficultés auront « un fort impact sur les marges de l’entreprise ».

Les pénuries frappent particulièrement l’agroalimentaire et l’hôtellerie-restauration, à 82%, et presque autant l’industrie automobile (78%), la métallurgie (75%) ainsi que la mode et le luxe (74%).

Mais tous les secteurs sont concernés et seuls deux n’ont qu’une minorité d’entreprises signalant ces difficultés, la finance à 42% et l’informatique/télécoms à 38%.

« L’envie de relocaliser ne vient pas d’une espèce de patriotisme économique mais de raisons super-concrètes. D’abord le prix du transport a explosé, d’autre part les capacités de production sont tendues et trouver des fournisseurs plus proches répond à l’enjeu d’être fourni », a expliqué à l’AFP Olivier Wajnsztok, directeur associé d’AgileBuyer.

Aussi plus de quatre entreprises sur cinq (82%) vont-elles mettre en place « des actions de sécurisation des approvisionnements en 2022 », contre un peu moins de trois sur quatre (74%) il y un an, selon l’étude.

Bonne nouvelle, plus de neuf directeurs des achats sur dix considèrent que les pénuries qu’ils subissent sont « conjoncturelles » et seulement 9% qu’elles sont « structurelles ».

Mais pour l’heure, le rapport de force entre donneurs d’ordre et fournisseurs, par le passé souvent favorable aux premiers, s’est inversé et 82% des directions d’achat considèrent avoir des relations « déséquilibrées et/ou défavorables avec certains fournisseurs ». L’an dernier, elles n’étaient que 39% dans ce cas.

Pour les donneurs d’ordre, les relations sont le plus défavorables lorsqu’ils achètent des matières premières, des métaux, des produits électroniques ou font appel à des services de transport.

En conséquence, « l’objectif de réduction des coûts n’a jamais été aussi bas » pour les directions des achats, qui ne sont que 55% à poursuivre un tel but en 2022, contre 77% l’an dernier ». Car constate M. Wajnsztok, actuellement « on ne peut pas réduire les prix ».

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